jeudi 13 novembre 2014

Le profil de puissance de T.PINOT entre 2008 et 2013.

Salut à tous,


Julien PINOT et Frédéric GRAPPE ont récemment publié une étude sur  l’évolution du potentiel physique d’un cycliste de grand tour entre 2008 et 2013. Ce dernier n’est autre que Thibault PINOT, frère de Julien,  TOP 10 du Tour de France 2012, Vuelta 2013 et magnifique 3ème du Tour cette année !.. Je remercie Julien de m’avoir fourni l’étude dans le détail me permettant d’en apprendre un peu plus sur l’évolution du potentiel de Thibault et m’autorisant à en parler !

C’est une étude unique,  du fait que Thibault a été un des premiers Junior Français en 2008 à utiliser un capteur de puissance. Comme il l’a déjà dit, à la place de s’acheter des roues carbones, il a préféré quantifier et optimiser ses plans d’entraînements  très tôt en achetant un SRM (suivi par Jacques Décrion en junior et ses débuts pro). En parallèle Julien, grâce à ses compétences acquises sur le terrain avec le CC Etupes lorsqu’il était coureur,  puis à Besançon avec  F.Grappe , a pu le former et le guider efficacement dès ses débuts à l’utilisation d’un SRM.

Thibault et Julien au CCE !
Avant de parler résultat, l’étude insiste  bien sur le fait que Thibault connaissait l’importance d’enregistrer des fichiers avec précision en ayant un capteur toujours bien calibré. Il faisait donc l’Offset zéro  de son SRM avant chaque sortie. De plus  Julien vérifiait 3 fois par an la bonne calibration du SRM (méthode des poids)  pour éviter toute dérive dans l’analyse du suivi.  Ainsi 95 % des fichiers transférés par Thibault ont été considérés valides pour l’étude. Le logiciel d’analyse n’est autres que WKO+, 3.0 de Training peak, que j’utilise également,  et qui  est,  pour moi le meilleur logiciel de suivi d’un athlète dans la gestion d’une saison (précisions des analyses,  charge,  fatigue etc..).

La VO2 max de Thibault a été mesurée en 2013 à l’aide d’un analyseur d’échanges gazeux type K4b2 lors d’un test incrémental de 25w/min et a atteint un peu plus de 5500 ml/min ! Ramené à son poids de corps qui se situe vers 64/65 kg pour 1,80 m, on est donc sur des valeurs de 85 mL.min.kg.  C’est une valeur très élevée qui classe Thibault parmi les plus gros potentiels physiques actuels en cyclisme…Concernant son temps d’entrainement + compétition, il est passé de  526 h en 2008 à 943 h en 2013 tout en augmentant sa charge ( training load) de + de 80 %. Sa planification  est sensiblement la même d’année en année, à savoir une coupure de 4  à 6 semaines puis 12 semaines de fondation  à basse et moyenne intensité ( PPG, VTT, cyclocross, route) puis des blocs mixant haute intensité et volume à l’approche des objectifs. Chaque gros objectif  étant précédé de période d’affutage et succédé de semaine de récupération.

Volume moy / semaine et ressenti RPE, charge TL

Une des parties les plus intéressantes de l’étude est bien sur l’évolution de son profil de puissance entre 2008 et 2013 grâce à l’analyse de plus de 2000 fichiers (dont  481 issus de jours de compétitions !). Pour simplifier, j’ai réalisé un tableau permettant de retrouver en Watts/kg ses performances entre 5 min et 4h de 2008 à 2013. L’étude analyse également les efforts de force/vitesse entre 1 s et 30s et les intensités dites sévères entre  30s et  5min. Je me suis attardé sur ses qualités de grimpeur donc plutôt des intensités de type aérobie au-delà de 5 min ! 

PPR T.Pinot de 5 min à 4 h entre 2008 ( courbe orange) et 2013 ( courbe bleue)

Si on analyse l’évolution de performance sur 6 ans , on voit que la puissance s’est améliorée de 1 à 1.2 w/kg sur toutes les durées ( soit 30 %, + 75 watts moy,  par ex d’amélioration sur des intensités de 4h ! ). C’est la puissance aérobie sur 5 min qui a explosée en premier en 2009/2010 avant d’atteindre un certain palier vers 7.2/7.4w/kg ( 480 watts)  ensuite. Pour rappel, c’est vers 20 ans que l’évolution de VO2 max est au maximum, soit bien l’âge de Thibault vers 2010 mais cette dernière peut encore augmenter légèrement sur plusieurs années ensuite. On remarque que les efforts entre  20 à 60 min ont suivi cette tendance de façon assez linéaire. C’est à partir de 2h d’effort que l’on note une certaine divergence. En effet,  l’amélioration est moins importante puis reprend sur des efforts de 4h pour atteindre pratiquement 5 w/kg !!!  Ce n’est en aucun cas une faiblesse sur 2h du potentiel physique de Thibault mais bien une limite dans la procédure d’évolution de profil de puissance. Pour qu’elle soit juste il faudrait que pour chaque durée, l’athlète se pousse au maximum. Or les pics de puissances sont souvent atteints en compétition et non à l’entrainement. En  passant pro, Thibault est rapidement passé sur des courses avec  des  épreuves bien plus longues,  imposant de tenir des puissances importantes sur 4h et plus. Les épreuves  sur le circuit Pro permettant des pics de puissances sur 2h sont rares ! Voilà pourquoi l’évolution des pics de puissance sur 2h est moins importante. On pourrait donc penser que toutes ses performances puissent être encore améliorées sur des tests bruts (sans fatigue), notamment pour faire une comparaison avec des CP5 et CP20 min existant. Mais c’est très dur physiquement et mentalement de faire des tests ‘ all out ‘. Pour un pro qui enchaîne les heures et les compétitions c’est encore moins simple à planifier.

Cette étude montre donc pour la première fois l’évolution des performances d’un jeune  coureur de grand  Tour cycliste sur plusieurs années. Elle permet de comprendre comment Thibault a progressé ces dernières saison et pourquoi il  est maintenant en mesure de figurer dans le top 10 (voir mieux) des grands Tours. On a déjà hâte d’avoir le retour des 6 prochaines années qu’on lui souhaite encore en progression !


lundi 6 octobre 2014

Montée du Salbert 2014

Salut à tous,

J’ai participé Samedi 04 Octobre 2014 à la montée du Salbert cycliste (organisation ACTB)  faisant office de dernière manche du trophée des grimpées FSGT de l’Est. La météo, contrairement à 2013, a été parfaite avec un magnifique soleil par une température de 21 degrés. Idéale pour finir la saison des compétitions vélos pour moi et pas mal de concurrents aussi !

Le podium avec l'ACTB organisateur!

 Je ne présente plus ce lieux, devenu référence pour moi dans mes tests de matériels ! La mission du jour sera d’essayer de monter en moins de 10 min et donc faire aussi bien que 2013 mais avec moins de puissance. En effet il me manque quelques watts pour aller chercher les 345 watts réalisés sous la pluie en 2013 mais avec des roues pas adaptées.… Ainsi avec du meilleur matériel sélectionné par rapport à 2013, je pense pouvoir faire mieux ou aussi bien en temps, avec 7 à 10 watts de moins. J’ai donc mis toutes les chances de mon coté en optant pour des conti GP TT 23 mm mesurés à 25 mm ( éco 3 watts) sur jante No tube  Alpha 340,  chaîne quasi neuve DA 11v dégraissée ultrason et lubrifiée Squirt lube ( éco  1.5 w), cassette modifiée et décalée pour passer tout sur le grand plateau en restant aligné ( éco 1w), vélo alléger avec tube de selle et étrier de frein KCNC ( -200g) et poids de corps juste sous 61kg. Un total montant à 68.3 kg soit -0.5 kg sur 2013 ( éco 1.5w sur du 5.7 %).

Au niveau entrainement j’ai réalisé à travers mes derniers tests de rendement 2 montées de Salbert à bloc à respectivement 335/332 watts la semaine précédente. Première fois que je me test à fond sur 10 min de l’année. Il faut dire que c’est le genre d’effort violent qu’on aime pas forcément  faire à l’entrainement et pas réalisé non plus en compétitions faute d’en avoir fait…Sur 10 min le ressenti est début  I5 avec un final à I6, bref c’est très dur !  

Evolution des pics 10 min, > à 330 w  juste en dernière semaine

L’échauffement est un peu chaotique et court à bon gout sur 30 min, mais les jambes sont là. Pas de fatigue résiduelle de la semaine qui  a été light comme le montre le graph et la courbe TSB jaune ci-dessus avec un indice  +12 le jour J.


Résultats : Je suis monté au maximum en gérant mon effort autour des 340 watts tout au long de la montée. Je pouvais certainement faire un poil mieux mais j’avoue avoir une certitude lassitude psychologique face à l’effort extrême en fin de saison. Je coupe la ligne en 9’56 ou 9’59 chrono organisation à 338 watts. 

338 watts

Je suis donc pleinement satisfait. Mon choix de matériel m’aura permis de monter aussi vite qu’en 2013 avec 7 watts en moins. J’aurai surcompensé de quelques watts aussi les derniers jours, c’est toujours ça…passer 40 ans on ne gagne pas 30 watts de PMA en claquant des doigts,  ni en quelques jours…c’est déjà bien de pas trop en perdre ! Justement 30 watts c’est l’estimation faite qu’il me manquait pour faire aussi bien que le premier en 9’26 ! Sur ce genre de chrono court de 10 min qui se monte à 25 km/h , chaque seconde de gagnée coûte chère ! Les écarts faibles au chrono se traduisent par des écarts très important au niveau puissance ! Avec la météo estivale la montée a enregistrée un nouveau record de participants avec 87 inscrits ! En 2011, j’aurai fait 3 ème scratch.Me voilà 10 places plus loin en 2014 ! Il faut dire que la densité de bon niveau est bien montée avec beaucoup de jeunes juniors prometteurs sous les 10 min ! Je retrouve les habitués Vétérans ou Master autour de moi et proche de mon classement : Bernard Karcher, Christophe Keller, Régis Claudel…on se tient toujours entre 10 et 15 s sur chaque grimpée…

Podium Vétérans

Seul ombre au tableau qui me fait réagir …un coureur plutôt habitué à finir 10 à 15 s derrière nous sur les précédentes grimpées et qui finit cette fois 30s devant nous  soit +de 30 watts gagnés en 1 semaine…il faut qu’il me donne son choix matériel  et surtout ses méthodes d’affutages, surcompensation …

Résultats ici.

jeudi 2 octobre 2014

Rendement de la transmission: petit ou grand plateau ?

Salut à tous,

J’ai poursuivi mes investigations initialisées lors du chrono du col Amic sur le rendement mécanique de la transmission .En fonction de l’emplacement / alignement de la chaîne, faut il mieux privilégier le petit ou le grand plateau pour un développement égal ?

Pour cela j’ai utilisé un powertap, mon SRM et j’ai aussi comparé le tout dans ma montée test face au calcul théorique. Le powertap étant là pour faire une mesure doublon avec le SRM face à la théorie et également pour voir s’il peut détecter des déperditions lors de croisements de chaîne extrême face à un alignement parfait. J’ai donc commencé par 3 montées vers 70 tr/min  avec la chaîne dans les configurations suivantes :

Croisement 50x25

Aligné 36/17
Modifié / aligné 50x25

50x25 aligné

Les résultats montrent que la moins bonne configuration et comme on pouvait s’en douter est la configuration chaîne croisée sur 50x25. On dissiperait pas loin de 1 % ( 2.2 watts vers 250 watts) dans la transmission par rapport à une configuration sur 36/17 aligné si on en croit le powertap ou encore 2 watts si on compare le résultat du SRM par rapport à un calcul théorique de la montée. Des résultats donc très similaires.

Résultats

  Le plus surprenant vient du résultat de la cassette modifiée sur laquelle le fait de pouvoir passer sur une grosse couronne et pignon tout en étant aligné n’améliore pas le rendement. C’est très faible comme écart  avec la configuration 36/17 (0.5 watts de perte) mais cela ne vas pas dans le bon sens ! En effet on pouvait s’attendre avec tout ce qu’on lit ou des ' on dit' que passer sur de plus grosses couronnes pour un développement égale était bénéfique… Je n’ai pas cherché à refaire de montées supplémentaires et j’admets qu’il aurait fallu doubler les mesures comme je le fait tout le temps pour confirmer ce résultat. Mais cette fois le powertap vient  renforcer les conclusions et va dans le sens du  SRM+ théorie. Je me suis une nouvelle fois tourné vers le site Friction Fact pour tenter une explication avant de revenir faire un nouveau test. L’explication viendrait des frottements engendrés par la tension de la chaine au niveau du dérailleur. En effet en position extrême on voit bien sur la photo que ce dernier est hyper tendu. 

Exemple extrême sur une 11x27!

D’après Friction Fact qui a testé différentes combinaisons de dérailleurs, il semblerait que l’on peut améliorer les pertes par friction avec des cages de dérailleurs plus grandes permettant moins de tension de ce coté là. 



J’ai donc décidé de revenir faire un test avec 3 maillons supplémentaires à mettre seulement sur la configuration 50x25 aligné. Les conditions météos étant une nouvelle fois optimales lundi dernier ! Par la même occasion j’en ai profité pour me tester en montant à bloc en prévision de la grimpée de Samedi. Cette fois on dirait bien que la tendance s’inverse, on note un léger mieux dans la configuration grand plateau/grand pignon que l’inverse petit plateau/petit pignon pour un ratio de développement vers 2 et une ligne de chaîne parfaite. Comme pour le précédent test, on est sur des écarts très faibles et donc des conclusions pouvant donner lieu à débat.


 Mais on peut retenir que trop  croiser la chaîne fait donc perdre des watts jusqu'à 1% voir peut être un peu plus dans des croisements extrêmes et  trop de tension sur le dérailleur peut également limiter le rendement. Mais ensuite que choisir entre grand et petit plateau pour un développement égal sans trop croiser ?  Si on se sent plus à l’aise à emmener le grand plateau pourquoi pas le privilégier dans la mesure du possible. Evidemment  au risque de perdre un peu de rendement si le croisement devient important mais aussi d'user plus vite la chaine ainsi que soit même à tirer trop gros !…Opter pour une transmission 11v peut cette fois être un avantage en ayant  une cassette allant jusqu'à 28 voir 32 dents ( même si on ne met pas le 32)  et permettra par exemple de rester plus longtemps sur le grand plateau grâce à des braquets de 23/25 pas trop décalés ( ex Tony MARTIN : cassette 11x28 pour rester sur le 58 à l’avant sur son CLM TDF !). Mais ensuite il sera alors plutôt temps de travailler d’avantage son coup de pédale et sa vitesse de jambes afin d’être plus économique et pouvoir passer plus en vélocité les difficultés sur le petit plateau. D’un point de vue économie musculaire et  prolongation de l’effort, on y gagne en tout cas ! Dans mon cas j’admet avoir une petite préférence pour le grand plateau (ressenti personnel) avec ma cassette modifiée permettant de conserver une bonne cadence ( 88 tr/min) en bosse à I4/I5.

Test Salbert 9'55 @333 watts...

Je prendrai donc cette configuration pour le chrono du Salbert. Cela ne comblera pas les 10 watts qu’il manque à I5 par rapport à 2013 et réalisé sur petit plateau...mais voilà une nouvelle étude qui permet d’avoir des chiffres de rendement sur les pertes par transmission ! 

vendredi 26 septembre 2014

Test chaîne Shimano 9000 11 V

Salut à tous,

Lors de mon test  des roulements céramique, j’avais également emmené avec moi une chaine Dura ace 11V. 



Ma transmission SRAM Red est en 10 v et j’utilise depuis le début des chaines Shimano DA 7900 sans soucis de fonctionnement. Ces dernières  sont, d’après le site Friction Fact ainsi que les magasines  Allemand Tour et RoadBike,   les meilleures chaines du marché dans le compromis rendement, résistance.

La DA 10 V largement devant en rendement usine ( source Friction Fact).

Et en durée de vie( source Tour Mag) !

Avec l’arrivée du 11v Shimano a présenté la chaîne Dura ace 9000 sensée être encore meilleure en rendement, en douceur (traitement téflon), plus légère (-15g) et plus résistante ! Rien que ça ! Concernant la durée de vie nous verrons cela dans le temps mais pour la partie rendement/fonctionnement,  j’ai voulu en savoir plus en l’opposant à la DA 10V.  Les 2 chaines ont été dégraissées et préparées au Squirt lube juste avant les tests. La DA 10 V de test a une centaine de Km et la DA 11 V a juste été rodée. En effet pour obtenir le meilleure rendement d’une chaine, il convient déjà d’enlever le lubrifiant d’origine (1 à 2 watts de perdu sinon) et surtout de faire un rodage sur 30 km pour finir l’ébavurage et parfaire le frottement entre les maillons comme le  préconise Friction Fact :



Au niveau ressenti et fonctionnement j’ai noté aucune différence, la 11v fonctionne parfaitement sur une cassette 10 V et un dérailleur SRAM red ! Elle est peut être encore meilleure sur un groupe 100 %  Shimano 11 V.  Au niveau des mesures on note une très faible différence et un gain qui serait favorable à la 11 V. Celui serait de 0.5 à 0.8 watts…

Résultats très proches

Encore une fois, on est dans le domaine de l’infime et certainement sans conclusion possible de part la précision du protocole (< 1 %) et le faible écart. Pour valider mon étude, je me suis encore une fois tourné vers Friction fact et j’ai directement posé la question à Jason Smith pour savoir s’il avait beaucoup de recul sur les 11V.  En effet d’après lui la 11v est aussi bonne que la 10V. Il note cependant à travers les dizaines de tests qu’il a déjà pu faire que la 10 V serait meilleure de 0.25 w moy à 250 w . Il précise par contre que d’une chaine à l’autre et donc d’une série de fabrication à une autre, il y a des dispersions dans le rendement et qu’une  11V peut être légèrement supérieure à une 10 V. Il a obtenu jusqu’à  0.5 watts en faveur de la 11v mais c’est aussi vrai dans l’autre sens avec des 10 v allant jusqu'à 0.75 watts de mieux que certaine 11v…

La sélection Friction Fact


Bref ce test conclut que les chaines Shimano 11 V sont aussi bonnes que les 10 V, on pouvait avoir un doute vu la finesse de ce  dernier modèle. Il reste à valider la durée de vie face à l’élongation et la barrière des 0.75/1mm . Pour le moment les DA 7900 V sont vraiment top avec souvent 5000 km réalisés sans soucis pour peu qu’on en prenne soin. 

mardi 23 septembre 2014

Test Galet céramique CyclingCéramic

Salut à tous,

J’ai pu tester dernièrement  l’impact de roulements céramique sur le rendement mécanique de la transmission. Cyclingcéramic m’a fait parvenir une paire de galet de haute qualité afin de les comparer avec mes SRAM Red/force.




Les galets cyclingceramic sont magnifiques avec un beau rouge anodisé et tournent avec une fluidité assez incroyable quand on les lance dans le vide : 35 s avant de s’arrêter comme la vidéo le montre :



Il est évident que les galets Sram, en s’arrêtant après 2s, font pales figure sur ce critère. Si on en croit les rapports  sur la justification du céramique, ces derniers semblent  apporter de la longévité quand ils sont de bonnes qualités et permettent d’aller chercher les derniers watts ou dixième de watts dans l’optimisation matériel. Concernant la durée de vie nous verrons cela dans le temps mais pour la partie rendement,  j’ai voulu en savoir plus en allant sur mon terrain de test.

Les conditions météos ont denouveau été très bonnes pour ce test avec 20 degrés et  pas de vent. Je rappel le protocole ici pour ceux qui découvre le blog ou veulent bien comprendre le principe.

Au niveau ressenti et une fois installés, les galets céramiques sont un peu plus bruyant que la version polyamide classique. L’alu en est la cause mais l’usure, le marquage des dents sera bien moindre après des millions de tours et donc le rendement moins dégradés, du moins on peut espérer !

Concernant les résultats on peut voir que tout se joue dans un mouchoir de poche:


 Les galets céramiques permettraient une économie supérieure de 0.2 watts. C’est donc infime…mais si on se réfère à la référence Friction FACT qui les a tous testés on peut voir qu’entre le top du céramique (équivalent des cyclingceramic)  et les SRAM Red /Force on a 0.13 watts d’écart !


 A ce faible niveau d’écart,  les résultats de mesures terrains peuvent difficilement être identiques  avec l’imprécision de mon protocole quand on va chercher les 1/10 de watts. A ce niveau là, seul un banc de mesure labo  comme en dispose Friction Fact peut le mesurer et le certifier. On note tout de même sur son graphique, et pour les possesseurs  de galets Shimano, qu’un gain de presque 1.3 watts @ 250watts peut s’envisager.  Cela devient justifiable de changer ! Si on poursuit le même raisonnement sur les boîtiers de pédalier qui ont aussi été testé, on peut aussi avoir pratiquement 1.5 watts entre du Shimano et le top.  


Il semblerait donc que Shimano, pourtant si bon en transmission (chaine, groupe au top) ait un petit souci au niveau du choix de leur roulement ( quid des roues?). Dans ce cas, 3 watts @250 watts ou presque 5 watts à 400 watts pour les pros , c’est toujours bon à prendre sur un chrono. Alors oui ce n’est pas donné le céramique mais suivant le matériel d’origine et les priorités de chacun cela peut se justifier d’y passer. Il faut juste savoir ce qu’on espère gagner. Certain trouveront cela trop chère (100 euros les galets)  et injustifié mais on peut se poser la question suivante : faut il mieux mettre 100 euros et être sur de gagner  1 watt ou acheter une paire de roue carbones boyaux à 2000 euros mais perdre 5 à 10 watts par rapport à une paire alu équipée des meilleurs pneus ?! 

lundi 22 septembre 2014

Protocole de test du SALBERT

Salut à tous,

J'explique ici mon protocole de test sur le rendement du matériel en détail afin que tout soit clair pour les lecteurs sur la méthodologie employée.


Pour qu’un protocole de test en extérieur soit valide, il faut qu’il soit répétable et identique pour tous les tests. Nous avons choisi une bosse de 5,7% sur 3.76 km, très ombragée et souvent à l’abri du vent. Les tests sur du plat, et donc avec une certaine vitesse, ne sont pas répétables car la force aérodynamique peut rapidement varier avec le moindre vent ou écart de position.



Protocole de test

Pour valider le test, l’ensemble cycliste + vélo (équipé du matériel à tester) est pesé avant chaque montée. La puissance mécanique théorique est calculée en fonction du chrono obtenu, km, dénivelé de la pente plus d’autres variables fixes (scx 0,4, température 20°C, rugosité du macadam) grâce au site AWSOFT. Il est très important dans un calcul théorique d’avoir les bonnes données d’entrée à chaque montée. Poids d’ensemble, chrono, distance et dénivelé doivent être exactes et influencent le résultat final. La comparaison entre les watts mesurés par le  capteur de puissance et ceux du modèle théorique, permettra de déterminer quel est le matériel le plus économique. Le chrono ne fait pas tout ! Le capteur  de puissance employé est un modèle SRM THM CLAVICULA  dernière génération avec une précision certifiée < 1%.


Exemple de résultat sur des pneus :



Les schwalbes one ne font rien gagner par rapport à un calcul théorique.
Les GP4000s 2 permettent d'aller plus vite car le SRM mesure cette fois moins de watts ( 3.5 w) face au calcul théorique. Et donc,  en croisant les résultats, on peut dire que les GP4000S 2 sont plus économique de 3 watts vers 265 watts  que les tubeless ONE sur ce test. Il est donc possible de faire des calculs de gain de rendement mécanique entre du matériel par cette méthode. Avec des mesures s'approchant du watt, il est nécessaire de refaire plusieurs montées tests pour s'assurer de la validité du résultat. Quand au bout de 2 à 3 montées avec le même équipement, le résultat est identique au watts prêt on peut conclure à la validité du test. Pour cela il faut aussi bien être répétable dans ses prises de trajectoires, position sur le vélo,  déclenchement du chrono...etc


lundi 15 septembre 2014

Grimpée du Col Amic 2014

Salut à tous,


Retour à la compétition ce week end avec l’époque des grimpées. 


Depuis mon naufrage aux 2 alpes le 24 aout dernier, avec  le CLM raté et un abandon dès le km O le lendemain sur la course, le doute s’était installé…au point de faire des analyses de sang et même de ne pas me présenter à la Vosgienne le week end dernier.  La cause a été identifiée et me pendait au nez depuis un moment : vouloir maintenir  trop longtemps son poids de forme,  voir être en dessous ne fonctionne qu’un temps….Les analyses de sang étant excellentes,  j’ai donc tout mis sur le compte d’un poids trop faible engendrant perte de force, mauvaise récup, mauvaises sensations régulières. Déjà identifié en 2013 et pourtant mis plusieurs fois en avant en  2014 aussi, dès que je reste trop longtemps  sous 61 kg, ça ne fonctionne plus. Les chiffres sont parlant  quand on couple courbe de puissance et courbe de poids…au moins c’est fait, cette fois je connais vraiment mes limites. Mieux vaut avoir 1 kg de trop et continuer à progresser que vouloir économiser 3 à 4 watts en montée et  perdre 20 watts au bout du compte (je le répète assez souvent à mes clients pourtant…). Donc depuis 15 jours je sens que ça va mieux et que les watts reviennent doucement avec mon kilo repris ! L’envie de recourir est arrivée 48h avant le chrono du col Amic quand enfin watts et sensations sont revenus.  Je me suis donc présenté samedi après midi pour cette grimpée FSGT organisé par le VC SOULTZIA . Le but étant pour avant tout de se  faire plaisir en retrouvant l’ambiance compétition sur un petit effort de 22 min estimé. Cette année le parcours est raccourci de 1.5 km à 7% suite au règlement obligeant les organisateurs d’avoir une ambulance à dispo pour des épreuves de plus de 10 km…


De plus l’ancien terrain permettant le départ des précédentes éditions est maintenant en construction…Bref c’est la partie la plus difficile qui n’est plus au programme et le départ est donné au niveau du stand de tir sur la route d’Amic ( lieu de ravito de la Vosgienne pour situer) et commence donc par une descente..Le profil étant déjà assez roulant, il avantage encore moins les grimpeurs cette année. D’un point de vue matériel et optimisation, j’ai apporté une petite nouveauté à mon vélo en bricolant une cassette afin de décaler les pignons de 21/23/25 pour me permettre d’être aligné avec le grand plateau. 

Bricolage maison, empilage de cales pour décaler les pignons.
En effet pour éviter de croiser la chaîne tout en restant sur les plus grosses couronnes pour un meilleur rendement mécanique, j’ai tenté cette approche car sur du 5 % tout en pouvant tourner  les jambes à 85/90tr/Min vers 310w, j’avais estimé que tout pouvait passer sur le grand plateau. Et c’est passé ! Dès l’échauffement, j’avais les jambes et j’ai pu tenir un très beau 318 watts moy sur la montée.  Résultat inespéré vu l’entrainement et le doute des dernières semaines…Petit regret sur le choix du pneumatique avant, la route étant plus mouillée que prévue, la version slick n’était pas le bon choix et j’ai du ralentir plusieurs fois dans la première partie descendante et en virage pour ne pas glisser…

Bonne gestion mais départ sans glissage et embrouille plus tard dans les braquets aurait permis de gratter encore quelques secondes!

 Je fini 10 ème en 21’54  à 30 seconde des premiers qui se tiennent dans un mouchoir de poche. Chaque détails et seconde comptent ! 30 s ça parait peu et le calcul théorique montrent qu’il fallait quand même  15 watts de plus pour atteindre 21’22. Je suis pleinement satisfait malgré tout et ne pouvait faire mieux.  L’épreuve a attiré beaucoup de beau monde et c’est mérité ! Avec la route fermée et la météo clémente, c’était le top.  Les grimpées dans la région se font rares, il fallait en profiter.  Le CLM du Ballon d’Alsace par Saint Maurice,  qui me tient tant à cœur depuis de nombreuses années,  a été annulé et  c’est vraiment dommage. En espérant que les organisateurs trouveront les ressources nécessaires pour rebondir en 2015 ! Rdv donc dans 3 semaines pour le dernier chrono, celui-ci se joue à domicile, le Salbert , lieu de mes fameuses  séances  d’essais de rendement matériel ! 

2 ème chez les vétérans, pas si mal ..