Salut à tous,
Je refais un point sur l’apport dit ‘lourd’ de la
musculation dans les sports d’endurance. Suite aux dernières publications de
Yann Le Meur sous forme de graphiques, il
est intéressant de résumer les différentes techniques actuelles transférables
au cyclisme. De plus grâce à
une étude du Docteur Ronnestad que l’on m’a
transmise (merci Julien !) et faites en 2010, on a de quoi chiffrer quels
gains espérer en watts sur des cyclistes confirmés.

Pour faire simple, s'entrainer
en force max et en salle c’est développer une tension musculaire bien
supérieure à ce qu’il serait possible d’atteindre
sur les pédales. En combinant musculation et cyclisme, on peut ainsi gagner de
la puissance et de la résistance sur les efforts courts grâce à la
transformation des fibres les plus rapides type II X en fibres plus résistante
Type II A
(ici pour plus d’explications) .Ces dernières pouvant soutenir des
efforts bref et puissant, et si elles sont plus nombreuses, cela parait évident que l’on devient plus fort comme le montre un test de puissance à VO2 max min avant et après musculation.
 |
| Groupe Endurance + Force Vs Endurance après 25 semaines d’entraînements + compétitions. |
Mais finalement on
s’est aperçu que les efforts long (type CLM 40 min) pouvaient aussi bénéficier
de la musculation grâce à l’amélioration du rendement musculaire. La VO2 max ne bouge pas mais c’est bien le rendement qui s’améliore
ce qui peut certainement intéresser pas
mal de monde quand on plafonne depuis
des années pour des raisons de potentiel maximum atteint ! Pour rappel 1 % de rendement c’est jusqu'à 17 watts de PMA comme indiqué ci-dessous !
Pour solliciter efficacement les fibres musculaires dans ce
but, il convient de choisir des charges très lourdes permettant 5 à 8
répétitions maxi et enchaîner 3 à 5 séries sur 6 à 16 semaines (2 séances par
semaine) comme le rappel bien ce tableau
de Yann Le Meur.

Je pense que plus le cycliste est confirmé plus le programme
devra être dense et maintenu longtemps pour espérer un réel gain. On choisira
des exercices type comme la presse, squat, fente mobilisant principalement le
quadriceps et les ischio que l’on accompagnera de transfert rapide en sur-vélocité
sur home trainer lors de circuits
training. Mais il sera aussi possible de s’en servir en préfatigue avant une séance de force sous max par exemple pour amplifier la résistance/endurance
musculaire. A ce sujet Yann Le Meur
suggère de toujours faire passer les séances d’intensités concernant la
discipline d’endurance avant la musculation et de respecter un timing de 3h
voir 6h entre les deux disciplines pour avoir le moins d’interaction possible.
 |
|
Pour avoir essayé je confirme qu’il est tout à fait possible de faire une séance
de PMA en début d’après midi et ensuite faire de la musculation sur presse vers
18 h sans ressentir de fatigue sur la force max. Yann Le Meur suggère également cette
combinaison dans le sens où la réponse de production hormonale sera d’avantage optimisée
avec une séance de muscu proche du couché. Des concepts intéressants !
Qui dit musculation dit fibres musculaires bien abîmées et
il convient d’optimiser la récupération. Il est déjà important de faire cette
préparation spécifique en hiver quand les compétitions sont encore loin et que
l’on peut se permettre d’avoir des courbatures quelques temps. Mais il faut
bien reconnaître que passée une période d’adaptation, on récupère assez vite !
Néanmoins on gardera à l’esprit qu’une petite supplémentation post séance (dans
les 30 min) en protéine rapide type whey peut être un vrai plus.
Ainsi 15 à 20 g ( 25g
pour les grosses séances) + 30 à 40g de glucide peuvent aider si on en croit
les tableau de Mr Le Meur.
Maintenant que l'on a les grands principes, que peut-on
vraiment espérer pour une saison cycliste mais surtout comment entretenir les
gains toute l’année ? Car c’est comme tout stimuli extérieur au vélo, si
on arrête 3 semaines, les gains retomberont quasiment à zéro ! L’étude
menée par le Docteur Ronnestadt répond à ces 2 points. Des cyclistes confirmés
et de haut niveau ont suivi un entrainement d’endurance ( environ 12h,
répartition polarisé Zone 1 : 80 %,
zone 2 et 3 : 20 %) et de force ( 2
séances/semaine) comparé à un groupe contrôle présentant le même volume et
répartition d’entrainement. Les exercices de musculation ont été les suivant sur
cette photo :

Je ne détaillerai pas volontairement (études payantes et que
je teste également) l’ordre exact ni les
variations de répétitions, charges mais les grands principes ont été exposé plus
haut ! Après 12 semaines et 2 fois par semaine, le groupe force a conservé
un rappel de musculation par semaine (en diminuant de moitié les sollicitations)
et en reprenant les compétitions sur 13 semaines de suivi.
Le tableaux ci-dessous résume l’amélioration sur un effort
type contre la montre de 40 min entre groupe FORCE ( E+S) à gauche et classique
( E) à droite.

On a une augmentation moyenne de 15 % ( ligne rouge) sur 25
semaines décomposée en + 8% après 12
semaines puis + 7% après 13 semaines de compétition grâce au rappel de musculation 1x/semaine. Pour s’en
convaincre il suffit de comparer au groupe contrôle qui a repris les mêmes compétitions
sans amélioration du CP 40 min ou à peine
( +4%) ! Impressionnant ! Si on regarde dans le détail, on s’aperçoit
que les réponses sont assez disparates en fonction des individus et Yann Le Meur le précise bien
aussi, il n y’ a rien de certain dans cette méthode. Mais inversement et si on
est réceptif, un sujet expérimenté (ligne noire) à pratiquement gagné 60 watts
en 25 semaines !! Alors la musculation dans les sports d’endurance,
indispensable ? On peut l’envisager si on souhaite optimiser tout son
potentiel .Surtout après un certain âge ou nombreuses années de pratique, cela peut apporter un vrai plus! Mais il ne faut pas se leurrer, une
vraie séance de musculation est aussi exigeante qu’une bonne séance de PMA voir
plus nerveusement. Il faut de plus pas se blesser, faire les bonnes routines,
répétitions, transfert, etc…La sollicitation nerveuse et mentale demandée est
proche des 100 %, on se donne à fond ! Il faut être réceptif et tenir
ensuite sur une saison ! Cela peut faire de trop pour certain coureur à la
charge importante. Cela dit le rappel en saison est vraiment light donc
envisageable mais il faudra quand même accepter d’aller s’enfermer dans une
salle même par grand beau temps régulièrement… !

Ma prépa perso des 12 semaines se finit bientôt
et je suis assez optimiste vu les premiers résultats sur le terrain pour dire
que je suis vraiment très peu sorti dehors cet hiver ! A confirmer bientôt
et surtout en cours de saison quand j’aurai vraiment repris le vélo dans
des volumes respectables !