mardi 26 mars 2013

Perte de rendement sur les chaînes


Salut à tous,

Aujourd’hui je m’attaque à un sujet technique de pur rendement : celui de la chaîne  J’avais mis un lien sur Twitter il y a quelques temps suite à une discussion avec Julien Pinot sur les optimisations matériels. Le site friction-facts  met en avant des gains de 3 watts entre différentes chaines neuve. 


J’ai voulu voir si je pouvais de mon coté observer une différence entre  neuve et  usée de 5000 km. L’idée est de se servir du SRM comme mesure étalon et d’un powertap G3 pour mesurer les pertes. Ces dernières sont estimées vers 3 % par friction sur du neuf. Qu’en est il sur une usée ?
Mon dernier changement datant de début septembre et ayant fait un bon 5000 km depuis dans des conditions plutôt hivernal, il  était temps d’en changer. Mon outil de mesure l’a confirmé sans non plus détecter une usure extrême (allongement à  0.75 % : changement conseillé mais pas encore obligatoire !).


 En mesurant les puissances entre SRM et powertap avant, puis juste après changement, je voulais savoir si un gain de rendement était mesurable. Soit en résumé dissipé moins de watts entre les 2 moyens de mesures.
Pour cela j’avais effectué une mesure sur route avec une dizaine de passages de 3 min vers 230w sur 50*17@85tr/Min  puis une autre avec une montée de Salbert de 12 min vers 280 w sur 36*19@85tr/Min. Je précise que les deux chaines ont été dégraissées et nettoyées  avec le même produit. J’ai rajouté à cela une confrontation des 2 montées Salbert avec le calculateur théorique AWSOFT comme sur mes tests de roues. Les essais se sont déroulés sur routes sèches et avec des températures entre 5 et 9 degrés.


Les résultats semblent montrer un écart de 1 % à 1.5 % de perte mesurée à la roue powertap entre vieille chaîne et neuve. En comparant le calcul théorique de la montée du Salbert ( 284w) et la mesure SRM ( 288w avant puis 285w après) , on n’est pas loin  de ce résultat. L’autre information que l’on peut en tirer même si le faible nombre de mesures ne permettent pas de l’affirmer, c’est que le rendement semble meilleur sur grand plateau. En effet dans les études disponibles on conseille, en essayant de ne pas trop croiser la chaîne  de rester sur les gros pignons/plateaux. Par exemple il faudra mieux choisir 50*21 que 36*16 pour un ratio de 2.3 recherché.
Pour revenir à notre étude vers 400 watts cela pourrait faire 4 à 6 watts de perte rien que sur la chaîne et encore cette dernière n’était pas à bout, ni sale. D’où l’importance d’entretenir son matériel et de ne pas trop tirer sur la corde. Les jours de compétitions primordiales il sera toujours bon d’avoir une chaîne neuve. En cumulant avec des bonnes roues (voir les tests)  + des bons pneus (test à venir), on voit que faire de bons choix  matériels peut être crucial résultat chiffrés à l’appui.  Le cyclisme devient  une discipline de pointe technologique comme physiologique grâce aux capteurs  de puissance. On en découvre un peu plus chaque jour sur le fonctionnement homme/machine, passionnant !

vendredi 8 mars 2013

La périodisation inversée: le modèle de performance ultime?


Salut à tous,


La récente interview de Tim Kerrison, entraîneur chez Sky, expliquant le concept de périodisation inversée, m’a donné envie d’en savoir plus sur le sujet. Il semble présenté comme un des éléments clé dans les  résultats impressionnant de leur équipe au niveau performance. 


Celui-ci n’est évidement pas le seul et  vient compléter d’autres concepts fort judicieux comme moins de courses= plus de fraîcheur =des pics de formes plus marqués possibles (du bon sens en fait !) ou encore vivre en altitude et s’entrainer en bas. Accompagné par de fortes recherches  dans l’optimisation du matériel et de la position du coureur, on a eu une démonstration de leur puissance pas si illogique sur le Tour de France 2012.  


La tradition dans les sports d’endurance veut que l’on fasse beaucoup de volume à faible intensité avant de foncer vers des exercices plus difficiles pour préparer les compétitions.  Développer la base aérobie,  le volume c’est la clé,  voilà ce que l’on peut lire dans beaucoup d’ouvrages sur les  sports d’endurance dont le cyclisme. Mais depuis une dizaine d’année des entraîneurs  ( dans la natation surtout)  proposent une approche complètement différente : la périodisation inversée.
Cette dernière propose de conserver de l’intensité, faire progresser la puissance et la vitesse sur de courtes séances avant d’aller vers des plus longues. On joue ainsi sur la fraîcheur de l’athlète  en période hivernal bien plus aptes à encaisser de bonnes sollicitations intensives quand les compétitions sont encore loin. Ensuite le volume augmente mais sans sacrifier l’intensité. Ainsi on apprend à rouler vite pas longtemps avant de rouler vite longtemps. 


 Evidemment cela s’applique avant tout à des athlètes  ayant un certain vécu sportif leur permettant de travailler rapidement en intensité. On ne fera pas démarrer un débutant par de la PMA ! J
Pour un athlète déjà bien entraîné depuis des années, je pense que cette méthode est vraiment intéressante  Pourquoi faudrait il à chaque fois repartir par du foncier à basse intensité comme si on était débutant dans le sport ?  
Les dernières recherches montrent bien les adaptations engendrés par les différents niveaux d’intensités comme encore ce tableau trouvé sur l’excellente page de Nick Grantham.


Et celui de Coggan!


Ainsi jusqu’à maintenant j’étais plutôt sur la méthodologie classique(  en parlant avec les échelles d’intensité): I1/I2 à la reprise, puis I2/I3 + I7, pour ensuite finir à I4 + I5/I6 à l’approche des compétitions. La reverse périodisation propose d’aller rapidement vers I4+,  I5/I6, puis d’ajouter des phases plus longues à I3/I4 ( SST), pour finir en rallongeant  encore avec du  I2/I3+ I7. A l’approche des compétitions parfaire par un nouveau cycle I4, I5/I6. Donc développer la puissance et ensuite s’entrainer pour la maintenir le plus longtemps possible !
Je pense que cette méthode est totalement adaptée à ma région froide l’hiver.  Surtout cette année  où l’on vient de passer 3 mois dans la neige ou presque. Pourquoi se forcer à rouler longtemps dans le froid à faible intensité avec tous les risques que cela comporte de blessures, maladies alors que ça va finalement peu rapporter. A la place  faire du qualitatif court sur home trainer, route ou vtt, et faire des sorties mi longue ( 2 à 3h)  quand c’est possible à I3 ( ou bien ski de fond, raquette) semble un bon compromis pour passer l’hiver. Finalement quand je regarde mon entrainement  depuis mi-Janvier , je n’en suis pas loin. Que des sorties courtes à cause de la météo sur 1 h à 1h30 que se soit sur HT ou route avec un IF élevé entre 0.85 et 0.95 et quelques sorties de 2 à 3 heures réalisés en raquettes. Résultat et comme je le disais dans mon précédent post une forme vraiment bonne et supérieure à 2012. Plus de qualitatif moins de volume…
A méditer donc...

Il serait intéressant de comparer les différentes méthodes reconnues ( Grappe, Friel/Coggan, Kerrison) en fonctions de ses objectifs et voir si on ne pourrait pas en extraire une trame optimisée de modèle développement de la performance en cyclisme sur route. Je vais m'y pencher et je pense que ça fera l’objet d’un futur article…

vendredi 15 février 2013

Retour en mode PPG


Salut à tous,

Petit post rapide avant de reprendre du plus lourd dès que les beaux jours arriveront. Le mode PPG  a été ressorti car l’hiver n’avait pas envie de partir de la région. Nous aurons donc eu 15 jours de neige en décembre, puis 15 jours vers mi- janvier puis une petite semaine de redoux puis denouveau 10 jours pour début Février. Chaud pour la prépa vélo !  Inutile de dire que le vélo et le froid ça fait 2 avec moi. Surtout qu’il y a bien d’autres façons de garder la forme et de profiter des paysages enneigés dans notre région.  J’essaye de tenir mon programme en mode consolidation de la base foncière. Evidemment le mode SST ne se fait pas uniquement sur le vélo mais en raquette où je maintiens de la zone I3+ dans les montées. Au retour un peu de vélocité sur HT pour le transfert au geste de pédalage et le tour est joué ! 3 h de vélo + 3 h de raquettes +3 h de déneigement +1 h de muscu PPG + quelques sorties au ski et la charge se maintient sans problème à 75/80 TSS/d. La diversité est là et les performances ne s’en ressentent pas du tout. Je suis même étonné du bon niveau pour le peu de vélo finalement. Un exo de rythme s’est même transformé en Gimenez bien envoyé en adoptant un tempo 1 min@97% de PMA / 3 min@75 %PMA. Au final un joli 288wmoy sur HT sur 45 min. C’est à quelques watts prêt,  pas loin des records 2012 mais en extérieur, au plus fort de la saison ! 


Donc aucun stress par rapport aux mauvaises conditions pour le vélo. Il me manquera de l’endurance de fond dès les beaux jours, il faudra juste rapidement en faire avant de passer en mode prépa courses ! Prochains billets en prévision : le rendement d’une chaîne puis la phase de préparation aux courses version J.Friel. En attendant direction Val d’isère et une bonne semaine de ski en altitude ! 

 Le plaisir de faire du ski ou de la raquette dans des paysages sublimes n’a tout de même rien à voir avec se cailler sur un vélo  ! J
- 10 °c, aucun problème ! :-)

mercredi 30 janvier 2013

Possibilités en vidéo du Roller E-motion


Salut à tous,

Le premier test du Roller Emotion à résistance a suscité beaucoup d’intérêts. Une vidéo valant mieux qu'un long discours, j'ai filmé quelques possibilités offertes par ce super Roller maintenant que je le maîtrise un peu! Montage très simple et sans musique pour mieux apprécier le rendu . Dans la région de Belfort, l'hiver se fait long ces derniers temps...je le rentabilise vraiment! Les séances passent vraiment plus vite que sur HT classique.  La force sous max en dessous de 50 tr/min et au dessus de 250 watts n'est pas trop possible, c'est bien là son seul reproche que je lui fais. Mais à 60tr/Min on a déjà 300 watts de résistance tout de même!



vendredi 18 janvier 2013

Foncier avancé


Salut à tous,

Tout d’abord bonne année à tous puisque c’est mon premier bulletin de 2013 ! Petite relâche dans la parution des billets sur le blog mais c’est souvent ainsi pendant l’hiver. Ça devrait redevenir plus régulier avec le retour progressif des beaux jours !
Je reprends donc où j’en étais resté la dernière fois et je continue sur la deuxième partie de la préparation foncière version J.Friel. Sur la première partie je suis passé de 150 à  200 N.m de couple max sur les pédales grâce au travail de force neuromusculaire assis et  j’ai réalisé des sorties jusqu’à 3h sans temps mort (roue libre 3 %)  en restant sur des FC entre 82 et 87 % de ma fréquence au seuil soit 143 à 152 puls. Cela permet ainsi de faire des bonnes moyennes de 220 w. Mon rendement ne s’effrite pas trop sur 3 h  en étant à 230 w pour 150 puls en début de sortie et 220w pour 150 puls à la fin, l’endurance sur 3 h est donc en place. Il faudra que je pousse cette durée sur 5 h dès que les conditions le permettront mais pour le moment avec la neige et le froid c’est complètement impossible.

Je peux quand même passer à la deuxième partie de 4 à 6 semaines prévue par J.Frield en incorporant du travail d’endurance musculaire en zone SST ou Sweet spot training. Cette zone se situe vers 90 % de la FTP. D’après les recherches et conclusions de A.Coggan, elle permettrait d’élever la FTP ( puissance max 60 min) aussi efficacement que le travail au seuil mais en étant moins fatiguant. En effet en permettant des durées plus longues mais aussi des répétitions plus rapprochées (car moins de déchets et fatigue résiduelle), les gains seraient vraiment bons. Quand on reprend les tableaux d’impacts sur le métabolisme, elle semble en effet magique !

 Il faut, pour bien travailler, connaître exactement sa FTP du moment car la zone SST est plutôt réduite comme on peut le voir ci dessous. Dans son livre J.Frield préconise que le meilleur ratio de travail est entre 88 et 93 % de FTP!




 J’ai donc réalisé un test pour valider ma FTP actuelle. 20 min@307 watts au milieu de 40 min@285w. Je suis agréablement surpris par cette valeur, le concept de force max semble fonctionner car les autres années il me fallait déjà avoir recours à d’avantage d’intensité à I4 pour obtenir ce résultat. Je pars donc sur une FTP de 280w et une zone SST @250w.

 Cette valeur ne me surprend pas et correspond à une intensité I3 selon l’Echelle ESIE de F.Grappe. C’est en effet une zone où l’essoufflement est perceptible mais pas hyper rapide. 20 à 30 w de plus et c’est la bascule vers du seuil à la ventilation  vraiment accélérée. J’en profite ici pour dire qu’il est bon de temps en temps de savoir où on en est, sans toujours avoir la vision sur le watt mètre! Savoir coupler sensations avec une zone d’effort sans  le compteur est important !

Les semaines types seront donc faite avec 2 rappels SST/semaine (2h) , un rappel force max I6/I7 ( 2h) , une sortie longue endurance ( 3 à 4h)  et deux sorties de récup/vélocité ( 1h30) .  Sur la partie SST, je vais travailler souvent en 2*20 min au début pour ensuite tendre vers 3*20 min. Démarrer en endurance de force @50/60tr/Min puis faire la deuxième série en vélocité @90tr/Min. Si on situe ce cycle par rapport à mes cours reçu du maître formateur J.Pinot,  on peut  le comparer  à son 2 ème mésocycle où rythme et  force sous max dominent @I3. Donc finalement les méthodes se rejoignent. La zone SST étant juste un peu plus définie que celle d' I3 (65 à 75 % de PMA).
Cela me parait en tout cas être une bonne fin de prépa avant d’attaquer les intensités supérieures. A voir si je peux encore faire monter cette FTP sans avoir recours au seuil + PMA.

lundi 26 novembre 2012

De la PPG vers le Foncier


Salut à tous,

La période de PPG est actuellement en cours pour beaucoup et bientôt il sera temps de passer à un premier cycle de développement d’endurance et de force max. De retour du séminaire des cadres techniques organisé par le pôle espoir Franche Comté, où il était justement question de PPG, j’ai eu envie d’en rappeler quelques grands principes. 




Après une bonne saison, l’athlète se doit de couper dans sa pratique en respectant une certaine période de repos afin  de se régénérer physiquement et mentalement. En fonction de la saison effectuée mais aussi de l’âge du pratiquant on pourra faire fluctuer cette période entre 1 et 3 semaines. 15 jours semblent être un bon compromis entre récupération optimale et baisse limité du potentiel.  Cette coupure va permettre aussi de récupérer de la sensibilité neuromusculaire. Qu'est ce que c’est ? Tout simplement c’est la capacité du système nerveux à réagir à un nouveau stimulus. Quand on a une saison de courses ou d’entrainement dans les jambes, cette dernière est fortement diminuée  par les habitudes prises lors des routines d’entrainements.   Faire une coupure et reprendre par d’autres sports va permettre d’éloigner l’athlète de ses habitudes et ainsi mieux réagir quand il reprendra son sport de prédilection (évidemment pas un an après !!). C’est ainsi que reprise doit rimer avec diversité sportive et non reprendre le vélo bille en tête! On conseillera footing, skating, natation, rando pour l’entretien des qualités cardio vasculaire, VTT ou piste pour entretenir le geste et ses équilibres  ainsi que renforcement musculaire pour préparer le futur cycle d’endurance. Et je tiens à m’arrêter particulièrement sur ce point. Si on veut être bien posé sur son vélo, pouvoir écraser les pédales en force max sans bouger, limiter les risques de blessures, il conviendra d’avoir réalisé au préalable un solide cycle de renforcement. Sur 3 à 4 semaines, haut et bas du corps seront sollicités par des exos simples sous forme de circuit training. On pourra également se tourner vers des exos de gainage avec l’aide du swissball comme on nous l’a montré. C'est certainement très efficace mais  je préfère m’orienter pour les jambes vers des exos plus classique et certainement plus parlant pour beaucoup. Ci joint un enchaînement proposé par Joe Friel: squat ou leg, jump box, sprint ( je rajoute de la chaise dans le circuit,  ski alpin oblige!). 


Par contre il ne faudra jamais oublier d’entretenir ce renforcement toute la saison par un petit rappel par semaine. Comme toujours en entrainement quand on arrête un stimulus, on le perd ! Cette réflexion s’applique d’autant plus à ceux qui passent l’hiver en salle de muscu à pousser de la fonte en espérant prendre de la force. Alors oui c’est possible mais il faut continuer toute l’année (bon courage en été) sinon 2 mois plus tard tout sera reparti ! Après un bon mois de PPG alors oui on peut reprendre le chemin de la route.
Sur ce point je tiens à expliquer une nouvelle approche de reprise se basant sur le dernier libre de Joe Friel : Powermeter Handbook.


 Il reprend les concepts  FTP de Coggan pour déterminer les zones de puissance d’entrainement mais avant cela il se focalise sur la fréquence cardiaque. Et oui vu la période, on peut d’avantage se permettre de travailler avec. Les exos faisant appel à du fractionné ne sont pas encore majoritaires et donc les capteurs ne sont pas encore d’une grande utilité pour ça. Mais on va tout de même continuer à regarder la puissance pour valider que cette dernière monte pour une même Fc dans les semaines avenir. Premier test à faire : un bon 30 min à fond où on retiendra la fc moyenne sur les 20 dernières minutes. Sa sera la FC au seuil ( LTHR : lactate threshold heart rate). A partir de là on aura une zone d’endurance basse entre 81 et 85 % de LTHR et haute entre 85 et 89 % de LTHR. Les sorties dans le but de développer l’endurance seront faite au début sur la zone 81/85 % en essayant de maximiser le temps dedans (parcours adaptés). Peu importe la puissance, on focalise sur la fc sur cette plage. Au retour d’une sortie on vérifie son indice d’efficacité à l’aide de plusieurs concepts et du logiciel WKO. 

 En divisant la puissance normalisé moyenne par la fc moyenne de la zone sélectionnée, on obtient  l’EF : Efficiency factor. En accumulant des heures et en comparant d’une semaine à l’autre cet indice doit monter. Cela veut dire que la puissance s’améliore. Quand il commence à stagner (6 à 8 semaines) c’est que la phase foncière n’est pas loin d’être acquise et que l’on peut passer à plus intense.
EF

 L’autre concept intéressant est le découpling ou Pw :HR dans wko. En sélectionnant une zone de son tracé, on vérifie comment dérive la fc pour une certaine puissance. Plus la Fc est stable pour une même puissance meilleur est notre condition. En dessous de 3 à 5 % de résultat on admet que c’est bon. Ainsi on pourra regarder sur un parcours de 2 à 4 h ce qu’il se passe pour l’endurance. 
EF + PW:HR

Avec EF et pw HR on a donc de sérieux outils pour valider sa progression. La Fc est encore indispensable ! Parallèlement à l’endurance, Joe Friel fait développer la force et vélocité sur cette période. Pour la vélocité et en résumé rapide dès que l’on peut tourner les jambes, il faut le faire ! Pour la force, pas de miracle, si on veut en gagner il faut apprendre à écraser les pédales. Que ceux qui ne jurent que par les sorties sur la plaque à faible cadence passent leur chemin. Ce n’est pas à cette période que c’est le plus utile ! On réservera l’endurance de force ou force sous max surtout au travail préparatoire d’un cycle de  seuil. Ici encore on se sert de WKO pour mesurer ses progrès. Puissance= force * vélocité. La force d’appui peut se mesurer indépendamment grâce au couple en N.m, c’est lui le véritable juge de paix dans la prise de force. Et non la puissance. Alors il faut être capable d’appuyer très fort et ASSIS sur 6 à 12 tours de manivelle, en côte sur un énorme braquet afin de limiter la cadence et donc travailler qu’en force pure. Et là toute la préparation précédente de ppg prend son sens. Sans un bassin bien fixé et des quadriceps+tendons bien aptes  à encaisser ses contraintes, pas de prise de force efficace ! Le couple est donc l’indicateur qui  doit monter de semaine en semaine. Idem quand celui-ci plafonne la force est en place.

Pmax arrêté: 679 w mais 175 N.m, sur 1300 w lancé seulement 130 N.m!

 Ainsi pour Joe Friel avec 2 séances de force max, 2 d’endurances et 2 de récup/vélocité totalisant au moins 12h ou encore 600 TSS/ semaine sur 6 à 8 semaines, on peut vraiment se faire une bonne base. Pour lui inutile de faire plus en rappel intensif. Les exos de force max remplacerait les rappels fartleck de temps en temps. Ce dernier point peut porter à discussion…Ensuite place à la deuxième partie de 4 à 6 semaines où il introduit son fameux concept du Sweet spot training ou SST, la zone magique permettant un développement spectaculaire de l’endurance critique et du seuil en même temps ! J’y reviendrai prochainement !

dimanche 4 novembre 2012

Test HT rouleaux ELITE EMOTION


Salut à tous,

Je vous propose le test d’un nouveau home trainer reçu dernièrement : un Elite E-motion.
Avec les premiers retours du froid, pluie et jours raccourcis, j’ai ressorti mon home trainer fixe. Il faut bien  reconnaître quand on sort de 6 mois sans avoir pédalé en intérieur sur un HT fixe, la remise en route est laborieuse. Aucune sensation de puissance, de rendement, impression de pédalage pas naturel… En février 2012 j’avais investi dans un rouleau Tacx Galaxia pour faire de la vélocité mais aussi ne pas perdre les notions de gestuelle/ équilibre. Avec la reprise je me suis vite aperçu que l’on est plus vite à l’aise dessus et les sensations sont vraiment proche de la route. Problème : pas assez de résistance pour faire des bonnes séries qualitatives. Elite proposant depuis quelques temps son Emotion à résistance, j’avais déjà hésité à investir pour l’hiver 2011/2012… mais ne connaissant pas son niveau de résistance ni la facilité de pédalage la dessus, je mettais rabattu sur le couple VORTEX + Galaxia.

Un article récent de Patrick Bernard sur son blog m’a convaincu d’investir. Si lui possédant une PMA de 500 watts trouvait la résistance suffisante et le pédalage facile, il n’y avait plus trop de raisons d’hésiter ! Julien Pinot m’a également convaincu de franchir le pas puisque lui aussi va étudier ce rouleau avec des pros. Le but de son étude sera de voir s’il est possible de s’entraîner aussi efficacement que sur route. Le problème du Ht fixe reste entier : le pattern de pédalage n’ayant rien à voir avec la route, on se pose la question des gains réels possible uniquement la dessus. D’ailleurs les pros vont très souvent transférer l’exo spécifique du Ht en allant juste après sur route !
Bref le Ht E motion est monté sur un châssis oscillant permettant d’absorber les à-coups du vélo et possède également des petites roulettes sur les bords pour rediriger les roues vers le centre si on se rapproche trop du bord. C’est vraiment stable, sécurisant et du coup facile d’accès. J’ai trouvé mon équilibre immédiatement mais j’avais déjà pris l’habitude des rouleaux aussi ! Le système du rouleau Tacx Galaxia était finalement très bon avec ses petites roulettes amortissantes  sous le châssis  La stabilité est identique entre les deux. Il semble cependant plus facile de se mettre en danseuse sur l’Elite. Le système oscillant absorbe mieux les gros à-coup on dirait. Question résistance, c’est du costaud.


 Il y a 3 niveaux : 0 pas de résistance, 1 : jusqu’à 300 watts sur 50*11 @100tr/Min, 2 :  jusqu’à 520w@100tr / Min sur 50*11 ! Autant dire de la marge pour moi et ma PMA de 375w. Je peux donc même préparer des séances lactiques  par exemple ! En restant sur la position 2, il est donc possible de démarrer sur petit plateau pour l’échauffement et mettre le grand plateau pour les exos. Pas besoin de descendre du rouleau en cours de séance. Pour l’endurance de force, on peut pédaler @260w@55tr/Min mais pas plus. C’est un peu limite et de plus l’équilibre à faible vitesse devient moins évident mais cela reste possible. 
Question rendu j’ai donc fait un test de 20 min @I3 puis j’ai été en extérieure sur terrain plat pour refaire le même. Dans les 2 cas : 253 watts@151puls. Les watts/puls sont identiques, d’un point de vue sensation on reste tout de même sur un rouleau ! C’est lisse et l’effort est continu, ce n’est pas la route non plus mais c’est ce qui s’en rapproche le plus !
E motion

Sur route



 En montant encore un peu les intensités, il devient moins évident de sortir des watts la dessus mais tout simplement je pense parce je pédale à plat. En effet n’étant pas rouleur, je travaille toujours le seuil ou la PMA en bosse, ma chaîne musculaire y est habituée. Alors à plat je perds bien 20 watts pour une VO2 identique. J’ai surélevé jusqu'à 2 cm l’avant du châssis du rouleau et cela fonctionne toujours aussi bien.

Bref un super produit pour moi, un vrai plus par rapport au HT fixe pour celui qui veut bien bosser en hiver sans perdre les acquis du geste de pédalage. Il devient encore plus rentable de faire 1 h bien calibré sur ce rouleau plutôt que d’aller 2 h sous la pluie ou le froid en pouvant rien faire de bon…